Après une expérience dans l’enseignement, Anne et son conjoint arrivent en Ariège. Elle s’est installée, il y a six ans, avec 200 ruches. Aujourd’hui, avec 350 ruches, elle a diversifié les ventes en produisant du pollen et de la gelée royale en agriculture biologique.

Pourquoi et comment avez vous mis en place ce projet ?
Titulaire d’un DEA en ethnologie et après avoir enseigné quelques années à l’université, Anne rencontre Daniel, un passionné d’apiculture. Ils décident de construire un projet qui leur permette de vivre ensemble de cette passion. Après une large prospection, ils ont un coup de foudre pour l’Ariège. Anne suit une formation en BPA en 2000, puis s’installe fin 2001 en achetant une vieille maison et un peu de terrain dans une région de coteaux, propice à l’apiculture.
« Au démarrage, j’avais un cheptel de 200 ruches, mais en réalité, à peine plus d’une centaine en production. On s’est vite aperçu que les races avec lesquelles on travaillait n’étaient pas forcément adaptées au territoire, on a donc développé l’élevage à partir d’autres souches.
La vente directe sur les marchés m’a permis de mesurer l’intérêt de diversifier notre production.
On tenait vraiment à se diversifier sans recourir à la démarche achat-revente, mais en développant d’autres produits à partir de notre élevage. »
Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Aujourd’hui le cheptel est de 350 ruches, avec une production de miel, de gelée royale et de pollen. La production annuelle est d’environ 8 tonnes de miel, une centaine de kilos de pollen et 20 kilos de gelée royale. L’accent est mis sur la production de miels mono floraux (acacias, châtaigniers, rhododendrons...), ce qui donne une gamme intéressante pour la vente.
« L’entrée dans le GPGR (Groupement de Producteurs de Gelée Royale) nous a permis d’acquérir rapidement la technicité et les conditions favorables à cette production. »
La production de gelée royale concerne un cheptel de 80 ruches et 100 ruches pour le pollen.
Ces deux ateliers demandent une organisation très rigoureuse, un temps de travail très important et une présence constante de mars à septembre.
Une labellisation « bio » en 2006 permet de valoriser les produits : vente en gros auprès d’un agriculteur d’un département voisin qui conditionne et transforme ; vente directe sur trois marchés locaux, ce mode de vente va prendre de l’ampleur. Une petite partie de la production est commercialisée par l’intermédiaire d’un site internet. La vente en demi-gros se développe auprès de boutiques locales et de boutiques « bio » sur Toulouse.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire.
Avant de se lancer dans la production de gelée royale ou de pollen, il faut déjà avoir une bonne expérience des abeilles et travailler avec des souches d’abeilles adaptées. Il faut bien sûr être motivé et avoir de bonnes connaissances techniques et d’élevage. La rencontre de professionnels permet de se confronter à la réalité et de vérifier ses aptitudes pour ces productions avant de démarrer son projet. Il est important d’avoir de nombreux contacts avec d’autres professionnels, d’accepter les échanges, les regards critiques sur sa production. Il ne faut pas compter son temps de travail et être capable de se consacrer entièrement à cette production pendant 9 mois par an. Cette diversification demande d’être patient et minutieux, très rigoureux sur l’organisation de son travail, capable de faire et de tenir des plannings très précis. Il faut être très sélectif dans la récolte du pollen si on envisage de le vendre en « bio » et en frais. Pour la production de gelée royale, le rucher doit être sédentaire et très proche du lieu de vie.