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Un élevage d’autruches valorisé en vente directe et par l’accueil de public - avril 2008
Christian et Geneviève ont développé un élevage d’autruches à la fin des années 1990. Actuellement, la plupart des produits sont valorisés en vente directe : viande surgelée ou en conserve, peau pour la maroquinerie, oeufs décorés... et le parc a été récemment ouvert au public. L’élevage de taurillons, initialement présent sur l’exploitation, est devenu secondaire.

 

-  Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?

Nous avions un élevage d’engraissement de taurillons. Suite aux crises des années fin 1990 - début 2000, n’ayant pas de droits pour développer un élevage de vaches allaitantes (à viande), nous avons décidé de rechercher une nouvelle production. Ces années là, la production d’autruches commençait à être évoquée. Ce projet s’inscrivait également dans la perspective d’installation de notre fils. La rentrée des six premières autruches en 1998 était basée sur un projet de reproduction pour produire des poussins. Du chemin sur l’approche sanitaire a été parcouru, aujourd’hui 80 à 90% des poussins nés sont viables ce qui était loin d’être le cas au départ. Il faut souligner la bonne implication du vétérinaire local. Pour développer cette production, nous avons dû obtenir un certificat de capacité d’élevage au départ. Aujourd’hui, une autorisation est nécessaire pour l’ouverture du parc au public (régime d’installation classée soumis à autorisation).

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

L’exploitation est située sur un canton très touristique à proximité de Conques, du chemin de St Jacques de Compostelle et du vallon de Marcillac. Actuellement l’atelier comprend entre 50 à 60 autruches, les produits sont valorisés en vente directe. La viande est commercialisée en surgelés et en conserve, c’est une viande tendre, fondante, très facile à cuisiner, l’abattage et la découpe sont réalisés à Villefranche de Rouergue. La peau est tannée pour devenir un cuir qui permet de réaliser de magnifique maroquinerie de luxe : sacs à main, portefeuilles, ceintures. Les œufs blancs sont décorés ou peints. Des orientations importantes ont été prises en 2006 avec la création d’un bâtiment d’accueil, salle de projection pour 60 personnes, point de vente. Geneviève et Christian adhèrent au réseau Bienvenue à la Ferme, travaillent la signalétique, les plaquettes, la mise en valeur du site et participent à des formations sur l’approche commerciale.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Compte tenu de l’absence de filière organisée, il faut au départ développer des compétences sur la conduite des oiseaux sauvages, organiser la logistique, l’abattage, la transformation. Les démarches administratives peuvent être très longues et coûteuses, elles ont duré 2 ans pour l’ouverture du site au public. Il faut privilégier un développement progressif. L’accueil et la promotion des activités donnent de nouvelles perspectives. Actuellement nous souhaitons élargir notre activité par l’accueil de groupes, clubs, associations, classes de découverte en basse saison. La production d’engraissement de taurillons est devenue secondaire mais non négligée.