Se diversifier grâce à la valorisation de la production de noix et de cerneaux - novembre 2005
Lors de son installation, cette exploitante rachète une propriété comprenant 9 hectares de noyers en production et sous contrat avec une coopérative du Lot-et-Garonne. Elle se lance également dans la vente en direct en testant un petit marché de détail. Aujourd’hui, elle livre le MIN de Toulouse, c’est le principal débouché des noix de l’exploitation.
Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?
Après avoir travaillé 5 ans à l’usine, j’ai souhaité m’installer agricultrice en 1991 avec mon mari, déjà en activité en grandes cultures. C’était mettre un terme à un ras le bol de la vie à la ville : finis les embouteillages et place à plus de liberté et de souplesse horaire ! L’exploitation à reprendre comportait 9 ha de noyers en production. Même si nous ne connaissions pas cette production, nous avons décidé de conserver les noyers. Mon installation n’a pu se réaliser avec les aides pour les jeunes agriculteurs que grâce à la valorisation des noix dans mon projet. L’ancien propriétaire, en contrat avec la coopérative KOKI dans le Lot et Garonne, nous a donné des conseils techniques.
Nous nous sommes documentés dans de nombreuses revues spécialisées car il n’y avait pas de références dans le Tarn.
Nous avons repris les engagements du propriétaire antérieur en livrant 20 tonnes de noix par an à la coopérative. Quatre ans plus tard, nous avons décidé de mieux valoriser notre production et nous nous sommes lancés dans la vente en direct en testant au départ un petit marché de détail. Grâce à la présence des beaux parents, nous avons pu livrer le MIN de Toulouse, principal débouché à ce jour.

Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Nous n’avons pas de concurrence départementale en vente directe (bassin de production Midi Pyrénées essentiellement dans le Lot). Nous misons sur la qualité et nos noix s’écoulent de plus en plus vite d’une année sur l’autre.
Nous n’avons pas d’invendus car nous commercialisons : des cerneaux 1er choix (pour les boulangers pâtissiers) à 12 € / kg, de la brisure à 8 € / kg, des cerneaux 2ème choix (un peu teintées) à 6 € / kg.
De plus, nous sommes les seuls à ouvrir le verger au public pour ramasser les dernières noix, ce qui nous permet de réaliser des économies financières en terme de main d’œuvre, de faire connaître notre produit de qualité. C’est aussi l’occasion d’écouler les reliquats de noix sans avoir à rentabiliser l’utilisation d’un passage supplémentaire de machine.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?
Avoir une production complémentaire sauf si l’on reprend plus de 15 ha de noyers.
Reprendre une plantation existante (un noyer commence à produire vers 7 ans) et anticiper pour renouveler les arbres.
Ne pas compter son temps de travail : c’est une production très consommatrice de main d’œuvre, il faut ramasser les noix au fur et à mesure et ne pas hésiter à s’équiper de matériel spécifique pour s’alléger les conditions de travail (tapis, ramasseuse automotrice / secoueur). L‘investissement financier au démarrage est conséquent (45 000 € sans compter les plantations).
Etre patient car la vente en direct nécessite 2 ans d’attente avant de fidéliser sa clientèle.
Avoir l’esprit d’initiative, être curieux, ne pas hésiter à faire des kilomètres pour rencontrer des producteurs d’autres régions et d’échanger sur les techniques développées.
Aimer le contact avec la clientèle, avoir la fibre commerciale.
Elargir la gamme de produits proposés en fonction des habitudes du consommateur : gateaux apéritif, huile...
