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Valoriser les arbres en moyenne montagne - février 2006
Après une expérience dans le transport en région toulousaine, Philippe décide de reprendre l’exploitation de 9 hectares de son grand oncle située en montagne à 600 m d’altitude, où il s’installe, avec sa famille, en 1999. Aujourd’hui, une aire naturelle de camping, un verger de pommiers et une "scierie de proximité", trois activités liées aux arbres, lui permettent de vivre sur ce lieu.

 


-  Pourquoi et comment avez vous mis en place ce projet ?

Après avoir travaillé 14 ans à Toulouse, j’ai décidé de reprendre l’exploitation de mon grand oncle (où j’ai passé mes vacances d’été pendant mon enfance). Comme il n’avait pas de successeur, c’était pour moi le moyen de ne pas me séparer de ce patrimoine familial, ou je me sentais bien. Le ras le bol de la vie de la ville et l’envie d’offrir à mon épouse et à mes deux enfants une meilleure qualité de vie m’ont aidé à faire le pas. J’avais un BEPA de machinisme agricole, ce qui m’a permis de solliciter les aides à l’installation. Après avoir fait un CIF "accompagnateur de tourisme équestre", j’ai racheté l’exploitation de mon grand oncle en 1999 sur laquelle il y avait un camping de 25 places et un verger de 40 pommiers. Un an plus tard, sur les conseils de mon grand oncle et compte tenu du site, nous avons décidé d’installer une scierie, pour me permettre d’avoir du travail toute l’année, et un revenu complémentaire.


-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

Le camping de 25 emplacements, ouvert de juin à septembre me permet d’accueillir une clientèle nationale et étrangère en quête d’air pur et de tranquillité. La production du verger de 50 pommiers est transformée sur place en jus de pomme pasteurisé et en cidre, environ (1 000 litres par an) que je vends en totalité aux campeurs, pendant l’été (2,5 à 3 € le litre). Je travaille dans ma scierie de septembre à juin, ce qui me permet de vendre du bois de la propriété, du bois de charpente et de faire du "sciage à façon" pour un volume d’environ 80 m3 / an. J’approvisionne une clientèle locale d’artisans, d’agriculteurs et de propriétaires qui rénovent leurs résidences secondaires et qui peuvent ainsi trouver sur place le bois qui leur est nécessaire.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire.

En premier lieu, choisir et développer un projet bien "intégré" au pays, tenir compte de l’implantation géographique : relief, végétation, attrait touristique. Faire attention à la taille de son projet, surtout si on veut le réaliser seul. Si des activités sont saisonnières, rechercher des activités complémentaires permettant d’étaler le travail et les revenus sur toute l’année. Bien préparer la saison touristique. Tenir le site propre (fleurissement ...). Etre disponible pour l’accueil et très à l’écoute. En quelques mots : avoir de bonnes capacités d’adaptation et savoir se remettre en question rapidement.