>> PRPI projets innovants >> Témoignages >> Quand lait d’anesse rime avec savon et produits cosmétiques - octobre 2007
Quand lait d’anesse rime avec savon et produits cosmétiques - octobre 2007
Béatrice s’est installée en 2002 sur 9 hectares de prairies, pâturées par un troupeau de 15 ânesses. Aujourd’hui, l’exploitation s’étend sur 11 hectares. Ces gentes demoiselles élevées avec délicatesse et attention savent donner en retour un lait frais de qualité. Béatrice utilise ce précieux nectar pour proposer une gamme de savons parfumés par différentes huiles essentielles ou infusions.

 

Elle a également développé en partenariat avec un laboratoire toute une gamme de produits cosmétiques à base de lait frais d’ânesse et de produits naturels (crèmes pour le visage, lait corporel, gel douche...).

-  Pourquoi et comment avez vous mis en place ce projet ?

Après 16 ans de salariat n’ayant aucun rapport avec l’agriculture, j’aspirais à vivre de ma propre activité avec comme support les chevaux, ma passion. Au tout début, je voulais mettre en place une activité d’élevage équin. C’est au cours de ma formation agricole adulte de BPA que mon projet a pris forme. Je me suis rendu compte que l’activité d’élevage équin ne serait pas en mesure de générer un revenu suffisant en raison de la petitesse de la structure d’exploitation. C’est lors de la visite d’une asinerie que s’est produit le déclic. J’ai alors pris conscience qu’il m’était possible d’élever un petit troupeau d’ânesses, rejoignant ainsi ma passion pour les équins, tout en m’inscrivant dans un objectif économique en valorisant le lait frais issu du cheptel.

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

Le lait d’ânesse est utilisé pour la fabrication de deux catégories de produits : des savons et des produits cosmétiques. Ils sont commercialisés actuellement auprès de 70 revendeurs dans la France entière. Les ventes par correspondance et par le biais d’internet sont en plein développement. Les salons régionaux, mais surtout nationaux permettent d’écouler d’assez gros volumes. Ils ont fortement contribué à me faire connaître, et donc à ancrer puis à accroître mon activité. Les ventes à la ferme sont finalement mineures par rapport au reste. Le marché de l’exploitation se situe sur un plan national, peu sur un plan local si ce n’est auprès des touristes de passage dans les Pyrénées.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Il est primordial de se donner le temps de la réflexion afin de bien mûrir son projet. Il faut visiter, se documenter. Il est même souvent nécessaire de se former. En ce qui me concerne je peux dire que l’apprentissage à été déterminant pour la réussite de mon projet. Si je suis parvenue à sécuriser, puis ensuite à développer mon activité, c’est aussi parce que je n’ai pas hésité à me faire connaître, à aller au devant des acheteurs potentiels lors de salons par exemple. La rentabilité de l’activité vient de la quantité susceptible d’être vendue. Tout ceci demande beaucoup de temps, il faut se bouger, sortir de l’exploitation afin de se faire connaître. D’autre part l’atelier se mettant en place, il ne permet pas de générer dans les premiers temps un revenu viable. Ceci veut dire que la présence d’un fonds de roulement conséquent ou d’un revenu annexe est indispensable lors de la phase de démarrage.