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Petits animaux de compagnie : une passion ... professionnelle - février 2008
Dans la région de Mirepoix, un couple d’agriculteurs élève un troupeau de 60 vaches allaitantes limousines. En 2002, passionnée par les petits animaux de compagnie, Dominique l’épouse, décide de démarrer en parallèle un élevage de lapins nains et de cochons d’inde. Depuis, cet atelier ne cesse de se développer et de se diversifier pour s’adapter à la demande grandissante de ces "nouveaux" animaux de compagnie (chinchillas, rats et souris de compagnie, hamsters...).

 

-  Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?
Mon installation aux côtés de mon mari a permis de conforter l’atelier bovins viande. Personnellement, j’avais depuis longtemps un véritable attrait pour les petits animaux de compagnie. J’en avais déjà quelques uns mais c’est grâce aux encouragements du conseiller agricole que j’ai décidé de lancer ce petit élevage qui demande peu d’investissements. On a aménagé une ancienne étable et commencé à acheter quelques clapiers. Le problème au début, c’est qu’on n’a pas eu d’appui technique vu l’originalité et la rareté de ce type d’élevage. Alors je me suis formée progressivement avec l’appui d’autres éleveuses et en achetant des bouquins spécialisés. J’ai aussi bénéficié d’un concours très précieux, celui du vétérinaire. Ces animaux sont fragiles et demandent une attention quasi permanente, ce qui amène à diagnostiquer certaines choses par soi-même. Tout cela m’a permis de décrocher l’autorisation d’exercer appelée capacité.

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Le plus important, c’est d’arriver aussi rapidement que possible à trouver de bons reproducteurs. Pour cela, j’ai décidé d’acheter uniquement des mâles présentés en championnats. D’emblée, mon objectif était de produire des animaux de qualité tant du point de vue constitution que sanitaire ; je souhaitais aussi que les animaux soient habitués au contact humain et facilement adaptables en famille. Pour la commercialisation, le plus simple au démarrage, c’est de travailler avec des animaleries. Personnellement, j’étais en liaison avec huit d’entre elles en leur livrant moi-même les animaux pour les stresser le moins possible, je ne voulais pas d’autre moyen de transport. Mais ces commerces recherchent des prix bas, des animaux sevrés précocement et paient tardivement. Alors depuis quelques mois, j’ai décidé de me tourner vers la vente directe en mettant l’accent sur la qualité des animaux
Je détiens aujourd’hui la capacité pour les rongeurs, mais aussi pour les oiseaux et les carnivores, je peux donc diversifier encore davantage mon activité. Petit à petit, j’essaie de conforter les résultats mais en gardant toujours ce souci de qualité. Ma satisfaction est d’accueillir des clients que d’autres m’envoient parce qu’ils ont été contents de leur achat antérieur et de voir des personnes qui reviennent en toute confiance, tant pour les animaux que pour les conseils que je peux leur apporter. D’une passion, j’en ai fait un métier, mais la passion reste intacte et j’aime la communiquer.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Tout d’abord d’être très attentif à la sélection génétique des animaux, tant en mâles qu’en femelles. C’est indispensable pour développer progressivement leur rusticité, mais aussi pour produire des animaux vraiment conformes au standard de l’espèce. Ensuite, il faut apporter au quotidien beaucoup d’attention, de soins et les habituer aux liens avec l’homme. Il est important d’être curieux, passionné par ces animaux et d’avoir envie d’apprendre par soi-même. Enfin pour vendre ses animaux, il faut aimer le contact avec les gens et transmettre sa passion aux clients.