>> PRPI projets innovants >> Témoignages >> Le chanvre, une culture à multiples débouchés - mai 2007
Le chanvre, une culture à multiples débouchés - mai 2007
La saturation du marché en grandes cultures biologiques a conduit cet agriculteur à rechercher des débouchés "non alimentaires". Le chanvre qui se cultive aisément en bio, permet d’envisager divers débouchés : l’huile alimentaire (riche en Oméga 3), la paille et le textile utilisable en éco-construction.

 

-  Pourquoi et comment ce projet a-t-il été mis en place ?
Régis s’est installé en 1998 sur 63 ha dans la région de Revel sur une exploitation en grandes cultures : blé dur, tournesol et maïs essentiellement. En 1999, il décide de se convertir à l’agriculture biologique et diversifie ses assolements comme le veut le cahier des charges AB, en particulier vers les cultures à destination de l’alimentation humaine. Mais en 2003, avec la chute des prix des produits biologiques, Régis a cherché d’autres débouchés notamment non alimentaire et c’est naturellement qu’il s’est orienté vers la culture du chanvre. Cette culture correspond également aux aspirations environnementale de Régis, en particulier dans le milieu du bâtiment. Chaque année, il met en place environ 2 ha de cultures.

-  Comment l’exploitation se situe-t-elle sur le marché, dans le territoire ?
L’exploitation de Régis est avant tout orientée vers les grandes cultures. Les surfaces liées à la diversification représentent environ 10 ha. Parallèlement à ce nouveau débouché qu’est le chanvre, Régis a développé la vente à la ferme en ouvrant un petit magasin « Bienvenue à la ferme » et un gîte qu’il a rénové avec des produits de l’éco-construction. Depuis 2005, il est adhérent à une CUMA de pressage d’huile (tournesol, colza et chanvre). Récemment, il a aussi investi dans un moulin afin de vendre de la farine d’épeautre, de blé, etc. Il commercialise aussi de la lentille. Cependant, la fibre du chanvre (la paille) que produit Régis n’a toujours pas de véritable débouché dans l’isolation du bâtiment.

-  Quels conseils donner à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?
Produire du chanvre est relativement facile, mais commercialiser ses produits dérivés est plus délicat. Pour la graine, elle peut être pressée pour l’huile et la filière allemande est actuellement très porteuse. Les tourteaux sont valorisables en alimentation animale. La fibre exige un défibrage avant de pouvoir être utilisée comme isolant. L’investissement d’une défibreuse est trop lourd pour une seule personne. Les producteurs de chanvre biologique de Midi Pyrénées se sont associés en coopérative. Cette dernière assure aussi la recherche de débouchés auprès d’artisans ou de transformateurs industriels. Dans ce genre d’initiative, il semble difficile d’être tout seul. Il faut aussi persévérer dans la construction du projet et savoir surpasser les années difficiles de manque de valorisation des produits dérivés.