Midi-Pyrénées est une grande région d’élevage. Dans les zones de Causses ou de montagne et dans certaines zones de coteaux, les cheptels ovin et bovin constituent un des meilleurs atouts de valorisation de ces zones difficiles, voire le seul. A ce titre, le maintien de l’élevage et des hommes sur la majeure partie du territoire est essentiel pour conserver une activité économique structurante du milieu rural. Mais, sous l’effet combiné de la démographie, de la Politique agricole commune et de conditions de travail difficiles, le nombre d’éleveurs diminue.
Un élevage surtout herbivore
L’élevage bovin, les grandes cultures (céréales et oléoprotéagineux) et l’élevage des ovins sont trois grandes activités agricoles de Midi-Pyrénées.
La région capitalise 1,4 million de bovins destinés à la production laitière ou à celle de viande. En lait, la concentration des élevages imposée par les quotas laitiers a accru la productivité et favorisé l’homogénéisation des élevages. En viande, avec 500 000 vaches nourrices, le troupeau de Midi-Pyrénées est le premier en France. Il progresse de plus de 16 % depuis 1988 et est désormais concentré dans des ateliers de plus de 40 têtes. Les races à viande génèrent une importante production de broutards à destination de l’Italie.
Midi-Pyrénées abrite également la moitié des brebis laitières de France (700 000 têtes). Huit brebis laitières sur dix sont élevées en Aveyron et assurent l’essentiel de la production de la zone de Roquefort. On compte par ailleurs 865 000 brebis nourrices situées dans le Lot et le Tarn.
La filière volailles (de ponte ou de chair) est moins développée : la production se limite à quelques dizaines d’ateliers de taille industrielle. En revanche, malgré la progression de nouveaux concurrents, la région est toujours bien placée dans la branche des palmipèdes gras ou dans celle des volailles sous signe officiel de qualité.
Les autres spéculations animales sont moins importantes en Midi-Pyrénées : porcs en Aveyron, Tarn et Lot, chèvres dans le Lot et l’Aveyron (en raison des fromages sous signe officiel de qualité).
Des faiblesses industrielles
Au regard des productions agricoles de la région, l’outil " IAA " est sous-dimensionné. Les entreprises sont nettement plus petites que la moyenne nationale, dépendent moins souvent d’un groupe industriel et sont peu tournées vers l’export : les exportations ne représentent que 11 % du chiffre d’affaire (contre 18 % pour la moyenne française).
Toutefois, les filières agroalimentaires " animales " emploient environ 10 000 salariés. Sur Rodez et Toulouse, qui concentrent la moitié de ces salariés, le nombre d’emplois a doublé en 5 ans.
En amont les bras se font rares et la terre aussi
Même si les filières animales comptent encore 19 000 éleveurs en 2000, cette population continue de décroître, à l’instar de l’ensemble de la population agricole. De plus, la part des jeunes y diminue et n’est plus que de 5 % en 2000, contre 8 % en 1988.
Dans le même temps, la surface des exploitations les plus grandes a continué de s’accroître au rythme de 4 % par an. Désormais, le rythme de libération de terres par départ à la retraite est beaucoup plus faible (par manque d’effectifs). Cette concentration ne peut donc plus durer. Elle augmenterait les tensions entre producteurs pour acquérir du foncier ou des droits à produire, et accéder aux marchés.