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Fertilisation P, K de la prairie : faut-il fertiliser ?

 

Le niveau de nutrition P et K (cf. annexe Comment calcule-t-on les indices de nutrition ?) des plantes prairiales, qui conditionne en partie leur possibilité de valorisation de l’azote disponible, est déterminé essentiellement par la disponibilité de P et K dans le sol en fin d’hiver au moment du redémarrage de la végétation (verdissement).

Lorsque P et K du sol ne sont pas suffisamment disponibles, un apport d’engrais est nécessaire pour accroître la concentration de ces éléments dans la solution du sol, et permettre ainsi une meilleure alimentation P et K des plantes en démarrage de végétation. La croissance plus rapide qui en découle favorise la production de racines et par voie de conséquence une meilleure exploitation des réserves en P et K du sol qui constituent la source principale de l’alimentation des plantes. La fumure apportée permet d’amorcer le prélèvement des éléments minéraux dans le sol par les racines.
L’état de nutrition P et K souhaitable dépend des objectifs de production assignés à la parcelle. Une alimentation P et K non limitante pour la croissance n’est nécessaire que si la production maximale d’herbe est recherchée (pâturage intensif, ensilage, foin enrubanné).

Pour favoriser le maintien des légumineuses dans les prairies une fertilisation P et K, pas nécessairement importante, est souvent indispensable. Les racines des légumineuses moins développées que celles des graminées exigent en effet que la solution du sol soit plus concentrée en P et K que pour une culture pure, pour faire face à la concurrence entre espèces. C’est pourquoi les légumineuses sont particulièrement exigeantes en P et K.

Dans l’état actuel des référentiels, l’analyse de terre n’est pas un outil bien adapté aux diagnostics de l’offre du sol pour gérer la fertilisation P et K des prairies (gradients verticaux de fertilité dans le sol, faible pertinence des tests habituels, profondeur et époque de prélèvement des échantillons de sol souvent inadaptés au "contexte" de la prairie).

Les indices de nutrition P et K calculés à partir de l’analyse d’herbe sont des outils de diagnostic plus pertinents (méthode page 13). Ils permettent d’adapter les pratiques de fertilisation PK aux conditions de sol selon les fonctions assignées aux parcelles.

Deux approches de diagnostic P, K sont proposées :

1 . Lorsqu’il s’agit d’ajuster les apports PK dans le cadre d’une gestion stable de la parcelle (objectifs inchangés) ou d’une extensification de celle-ci, la simple analyse d’herbe avec dosage N, P, K suffit (figure 1). 2. Lorsqu’il s’agit d’adapter la fertilisation PK a un objectif d’accroissement de la production d’herbe associée à une fertilisation N plus importante, le diagnostic implique la mesure des teneurs N, P et K sur un échantillon d’herbe issu de la parcelle (N1) et sur une "bande" surfertilisée en azote (N2). Les valeurs des indices et leurs évolutions en relation avec l’augmentation de la fertilisation N permettent de définir la fertilisation la mieux adaptée (figure 2).
Diagnostic de nutrition P et K de la prairie - 16.6 ko
Diagnostic de nutrition P et K de la prairie
Diagnostic de nutrition PK et fertilisation PK associée à une augmentation de la dose N - 33 ko
Diagnostic de nutrition PK et fertilisation PK associée à une augmentation de la dose N

Un exemple : sur une parcelle pâturée qui reçoit 30 U K2O tous les ans et sur laquelle l’éleveur à une exigence de production importante, l’indice K est de 90 et passe à 70 sur la bande azote. On conseille un apport tous les ans de l’ordre de 60 U de K2O car on prend en compte dans ce cas les restitutions, la pratique de fertilisation antérieure et les exigences de l’éleveur pour sa parcelle.

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