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Evolution récente des structures des exploitations agricoles de Midi-Pyrénées : 2000-2005
Des exploitations professionnelles de plus en plus grandes, une agriculture de plus en plus sociétaire

 
La publication (en fin d’année 2006) par le SCEES de certains résultats de l’enquête Structure 2005 a permis la réalisation de ce document. Cette enquête a été conduite par les services statistiques régionaux, sur la base d’un échantillon au dixième basé sur le RGA 2000. Les précautions d’interprétation statistique ne nous permettent pas de décrire finement la situation actuelle de l’agriculture : seuls certains points significatifs ont été dégagés. Ils seront à reprendre ou à confirmer dès que seront connus les résultats de l’enquête 2007.

Entre 2000 et 2005, les tendances profondes de l’évolution des structures de l’agriculture régionale ont été en grande partie confirmées :
-  les exploitations agricoles sont de moins en moins nombreuses, et de plus en plus grandes, complexes, spécialisées ;
-  le renouvellement de ces exploitations posera problème ;
-  le choix des productions devient plus délicat.

Des exploitations professionnelles de plus en plus grandes

On constate que la part des exploitations professionnelles est de plus en plus importante. Ces exploitations professionnelles représentaient 53% du nombre total d’exploitations en 1988, 60% en 2000, 63% en 2005. La progression est lente. Par contre, la part de ces exploitations professionnelles dans la Surface Agricole Utile (SAU) régionale atteint presque 90% de la SAU totale. De fait, outre l’accroissement de la taille des exploitations professionnelles, la disparition accélérée des exploitations non professionnelles entraîne une croissance rapide de la surface moyenne des exploitations régionales : plus de 3% par an au rythme actuel.

Cette augmentation de la taille moyenne cache des disparités importantes : les exploitations professionnelles ont une surface moyenne de plus de 65 ha en 2005 (soit une augmentation de plus de moitié depuis 1988).

1988Nombre d’exploitationsSurface agricole utile (ha)Surface agricole utile moyenne(ha)
professionnels
non-professionnels
Ensemble
46 910
40 988
87 898
1 988 124
408 893
2 397 017
42.4
10.0
27.3
2000Nombre d’exploitationsSurface agricole utile (ha)Surface agricole utile moyenne(ha)Evolution annuelle moyenne
professionnels
non-professionnels
Ensemble
36 314
23 930
60 244
2 087 021
274 893
2 361 914
57.5
11.5
39.2
2.6 par an
1.2 % par an
3.1 % par an
2005Nombre d’exploitationsSurface agricole utile (ha)Surface agricole utile moyenne(ha)Evolution annuelle moyenne
professionnels
non-professionnels
Ensemble
31 893
19 007
50 900
2 080 061
260 189
2 340 250
65.2
13.7
46.0
2.6 par an
3.6 % par an
3.2 % par an

Une agriculture de plus en plus sociétaire

Ainsi, en 1988, les sociétés ne représentaient que 6% du nombre total d’exploitations (et déjà 16% des surfaces). L’explosion du nombre de Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun (GAEC) a porté ces poids à 16% du nombre et 39% de la SAU pour l’année 2000. Depuis le début des années 1990, le nombre de GAEC a baissé très fortement, mais la vague des statuts plus complexes de type EARL (Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée) a fortement augmenté. En 2005 l’ensemble des sociétés représentent 21% du nombre d’exploitations et 42% de la SAU. Ces exploitations en société représentent même 46% de la SAU des exploitations professionnelles.

Autre signe de cette complexification croissante : on constate que l’exploitant "moyen" est maintenant soumis à l’imposition selon le régime réel (46% des exploitants "professionnels" en 2005, contre 35% en 2000). De plus, le rapport au foncier a symboliquement basculé entre 2000 et 2005 : il y a maintenant plus de terres en "fermage" que en "faire-valoir direct" (43% en 2000, 55% en 2005. La différence est expliquée essentiellement par l’augmentation de la surface exploitée en société : +200 000 hectares en 5 ans). Dans certaines zones, la restructuration des exploitations et la complexification des opérations liées aux déclarations PAC a aussi conduit à une clarification des statuts du foncier : certaines mises-à-disposition, auparavant occultées auprès des enquêteurs sont maintenant déclarées par les agriculteurs.

Des exploitations de plus en plus spécialisées

Phénomène en contradiction avec cette complexification juridique et administrative : on constate une accélération du mouvement de retrait du système traditionnel de polyculture-élevage de la région. Ces systèmes agronomiquement complexes avaient déjà reculé de moitié entre 1988 et 2000. Parmi les exploitations restantes, 40% ont disparu entre 2000 et 2005, soit par disparition complète, soit par spécialisation vers des systèmes de Grandes Cultures. De même, parmi les systèmes d’élevage mixtes (par exemple bovin-lait / bovin-viande), on constate une spécialisation (majoritairement vers la viande).

Certains autres mouvements semblent s’aggraver, et sont donc susceptibles de poser des questions quant à l’avenir de certaines zones. En particulier, on peut s’interroger sur la régression du nombre d’élevages d’ovins-viande (le rythme de disparition ou de reconversion a été de 3% par an entre 2000 et 2005, contre 1.5% par an entre 1988 et 2000).

Pour illustrer ces variations, constatons que le nombre d’exploitations professionnelles spécialisées en grandes cultures, qui avait diminué de 3% par an entre 1988 et 2000 (donc un peu moins vite que la moyenne), voit sa baisse ralentir : 2% par an "seulement".

Des choix de production volatiles

En 2005 comme en 2000, 45% de la SAU est occupée par les grandes cultures, 25% par les surfaces fourragères, et 27% par les surfaces toujours en herbe. Toutefois, le choix entre les différentes productions évolue assez vite, sans qu’on puisse affirmer si ces évolutions seront définitives. Les causes de ces choix sont en effet de plus en plus complexes : remise en cause des marges avec le découplage et l’évolution rapide des prix, évolution du risque climatique, soucis de l’environnement et contraintes extérieures, engouement ou rejet psychologique,...

En particulier, en ne raisonnant que sur les exploitations "professionnelles", on constate au cours des dernières années :
-  un recul rapide des surfaces en maïs, en particulier le maïs irrigué (recul de plus de 30 000 ha en quatre à cinq ans, soit plus de 5% par an)
-  un remplacement partiel par des oléagineux
-  une augmentation des surfaces en céréales d’hiver
-  une diminution rapide du troupeau d’ovins viande (apparemment au rythme accéléré de 5% par an en effectif, et 10% par an en nombre d’élevages). Cette diminution s’est faite au détriment des élevages de petite taille.
-  une confirmation de la baisse modérée du troupeau de vaches nourrices (-2.5% par an)

D’amples libérations de terres en perspective

En 2000, dans les exploitations non en société dont le chef avait plus de 50 ans, 64% des chefs ont déclaré ne pas avoir ou ne pas connaître de successeur. En 2005, parmi les exploitations restantes (et avec les mêmes conditions d’âge), ce pourcentage atteint 75% en moyenne (dont 69% pour les exploitations professionnelles).

Autrement dit, ce sont 20 000 exploitations qui risquent de disparaître. Parmi elles, on compte 11 000 "non professionnels". Même en ne raisonnant que sur les 9 000 "professionnels", on peut s’attendre à un doublement du taux de disparition d’ici 2010-2015 (le solde pourrait être de -6% par an). Les conditions économiques, financières, réglementaires et sociales permettront-elles aux voisins de reprendre ces exploitations ?

A noter la part croissante des mesures d’aide à l’installation : le pourcentage des exploitations dont le chef (ou un des associés) avait bénéficié d’une DJA (Dotation Jeune Agriculteur) dans les cinq ans avant le recensement était de 13% en 2000 ; ce taux a été porté à 19% en 2005. A noter aussi que parmi les DJA ainsi "recensées", 95% concernent des exploitations professionnelles.

Les installations décelées par l’enquête structure sont quasiment toutes intra-familiales, et en majorité lées à une DJA. Mais, dans l’état actuel, ces installations ne peuvent pas combler les départs annoncés (de l’ordre de 900 par an pour les années 2005 à 2015).

La diversification en question

Les questions relatives aux activités liées au tourisme sont délicates à interpréter à cause du faible taux de présence de ces activités dans les exploitations. Toutefois, en se limitant aux "professionnels", on constate que la proportion d’exploitations pratiquant ces activités reste stable, et faible : aux alentours de 3% du nombre pour l’hébergement.

Dans le même sens, la proportion des exploitants qui vendent des produits sous Signe Officiel de Qualité reste à peu près stable : 23% à 22% du total des exploitations, soit 35% (en 2000) et 32% (en 2005) des exploitations professionnelles. Les "non professionnels" ne sont que 6% à 4% à choisir ces produits.

Même constat de stagnation pour les activités de transformation à la ferme : 8% (en 2000) à 7% (en 2005) pratiquaient l’une ou l’autre de ces activités.

Stagnation aussi (avec une légère hausse) pour la vente auprès des consommateurs, qui concerne surtout des ’exploitations professionnelles : 16% des "professionnels" en 2000 (18% en 2005) vendaient un ou plusieurs produits directement aux consommateurs..

Signalons enfin que les travaux "à façon" (agricoles ou non) sont en très nette progression entre 2000 et 2005, mais ne concernent que des "professionnels", et encore dans une faible proportion (3% à 4%).



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Repères économique - Chambres d’agriculture