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De l’élevage de lapin Angora à la vente directe de nombreux articles teints et tricotés par l’agricultrice - juillet 2008
Installée depuis une vingtaine d’année, Isabelle a développé un élevage de lapins Angora. Ces animaux sont brossés à la main, les poils sont ensuite confectionnés en vêtements réputés pour leur qualité isolante. Parallèlement à cette activité, l’agricultrice a développé des visites comme Ferme de découverte du réseau Bienvenue à la Ferme. Elle accueille des écoles, des centres aérés ; elle a également mis en place un sentier botanique de plantes colorantes afin de permettre aux visiteurs de les découvrir.

 

-  Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?

Après ses études de droit, Isabelle a travaillé en tant que secrétaire trilingue. Lassée par son travail, elle a cherché une autre activité qui lui permettait de concilier davantage vie professionnelle et vie familiale. Suite à un reportage sur le lapin angora, elle a décidé de se lancer dans cette production. Elle s’est formée grâce à un Congé Individuel de Formation et a obtenu un BEPA. En 1984, elle s’est associé avec son père et s’est installée en élevage de lapin Angora avec 400 lapins. Son choix de départ était de vendre la matière première à une SICA, à Angers.

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?

L’exploitation est l’une des dernière en France : lors de son installation la filière comptait environ 2000 élevages, aujourd’hui il n’en reste qu’une centaine. Les raisons essentielles sont la chute du cours de l’angora et la disparition du métier de filateur. Nombreux sont ceux qui ont déposé un bilan et les machines de filature sont trop coûteuses pour un éleveur seul. C’est la valorisation de ses produits par la vente directe qui a permis à Isabelle de continuer son activité. Elle a su répondre à la demande des clients et être réactive. Elle a récemment développé une gamme de teintures végétales pour répondre à l’engouement croissant pour les produits naturels. Actuellement, la vente se fait essentiellement par les visites à la ferme, les foires et plus rarement par le biais du site internet. Ce moyen n’est pas valorisé car les paiements ne peuvent pas se faire en ligne.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?

Bien se former : Isabelle a intégré une exploitation en lapins angora lors de sa formation BEPA. Son maître de stage a sû lui enseigner la technique d’une production innovante.

Maîtriser l’ensemble de la chaîne est un travail long, c’est pourquoi l’agricultrice conseille aux jeunes installés de se consacrer dans un premier temps à l’atelier de production. La transformation et la vente du produit demande un investissement fort en temps ce qui est réellement possible mais n’est pas immédiat.

Minimiser les risques : la création de cette entreprise ne permet pas de retirer un revenu immédiatement. En effet, le cheptel peut être développé au sein de l’exploitation mais il faut attendre un an avant de pouvoir vendre le poil du lapin. Dans un premier temps, il est donc nécessaire d’avoir un revenu extérieur fixe.

Enfin, le point le plus important pour l’agricultrice est d’être et de rester motivé, de se donner une ligne de conduite et de la suivre tout en sachant s’adapter à la demande des clients.



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