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Comment pousse l’herbe au pâturage ?

 
auteur : Michel DURU

La pousse de l’herbe au pâturage est vue à 2 niveaux :

- d’abord au niveau de la plante, du brin d’herbe, de la talle. - puis après, au niveau de la parcelle et enfin, dans un dernier temps, on évaluera les conséquences de ce qu’on aura vu pour la gestion du pâturage.

Alors pour schématiser, sur cette figure, on a une talle de graminée Dactyle ou Ray-grass, après un pâturage et avant le pâturage suivant.

Sauf condition exceptionnelle où le pâturage est complètement ras et où il ne reste pas de feuille, il reste 3 ou 4 feuilles après un pâturage qui ici sont numérotées : 1 pour la jaune, la plus ancienne, 2, 3 et 4. On suppose que l’animal est passé à cette hauteur. Et un certain temps plus tard, la feuille 2 qui était verte est jaune et est tombée au sol. La feuille 3, qui avait déjà terminé son élongation ne bouge pas. La feuille 4 en cours de croissance s’allonge et il est apparu une feuille 5.

Donc, qu’est-ce-qui se passe entre 2 utilisations de pâturage ? Il y a apparition de feuille, il y a de la croissance de feuille et de la sénescence.

J’ai indiqué ici ce qu’on appelle la croissance brute, c’est tout ce qui a poussé : c’est une partie de la feuille 4 plus la feuille 5 qui s’est allongée. La feuille 2 est tombée au sol.

La croissance nette de l’herbe qui correspond au prélèvement, c’est donc la feuille 5, la feuille 4, moins ce qui a été perdu, c’est-à-dire la feuille 2.

Donc, j’ai schématisé les conclusions. Sur une graminée comme par exemple le dactyle, il apparaît une feuille tous les 100 à 150 degrés/jour (c’est la température journalière moyenne sommée sur un certain nombre de jours : 100 degrés-jours, c’est 10 jours à 10 degrés) donc cela veut dire qu’en hiver, il apparaît, en gros, une feuille toutes les 3 semaines et qu’en mai-juin il apparaît une feuille toutes les semaines.

Ensuite commence la sénescence au bout de 400 à 600 degrés-jours. C’est-à-dire qu’entre le moment où la feuille commence à poindre et le moment où elle commence à jaunir, il s’est écoulé de 2 à 3 mois en hiver, en l’absence de gel ou bien, simplement 2 semaines en été.

Si vous divisez 400 degrés-jours par 100, vous trouvez 4, ce qui explique qu’une talle de graminée n’a jamais plus de 3 ou 4 feuilles vivantes. Cela peut-être plus tôt 2 à 3 si on a une fétuque élevée ou un ray-grass anglais - 3 pour un dactyle - mais toutes les graminées fonctionnent à peu près de la même manière.

Ensuite, après une coupe ou un pâturage sévère, la croissance résulte de l’apparition de nouvelles feuilles et de l’élongation, de la croissance de ces feuilles. Mais après une récolte partielle, comme c’est souvent le cas au pâturage, il reste soit des feuilles en entier : la feuille 4 n’a pas été coupée, soit des trognons de feuille : la feuille 3 et la feuille 2 ont été consommées en partie. Ce qui reste est plus ou moins important selon la hauteur de pâturage et après une telle récolte partielle, il n’y a augmentation de poids dans l’intervalle qui sépare un pâturage du pâturage suivant, que si les feuilles apparues sont plus longues que les feuilles résiduelles. C’est souvent le cas, mais pas toujours comme on le verra.

Enfin, dernier élément, même quand on a à faire à des repousses végétatives qui font suite à une première utilisation de printemps, lorsque la repousse est feuillue, il y a une diminution de la digestibilité au cours du temps parce que les feuilles n’ont pas la même digestibilité en fonction de leur rang.

Cela veut dire que la feuille 2, au moment où elle atteint sa taille adulte, est plus digestible que ne le sera, la quinzaine suivante, la feuille 3 lorsqu’elle atteindra sa taille adulte. Autrement dit, après une coupe ou un pâturage, il y a une diminution de la digestibilité des feuilles qui apparaissent parce que les feuilles vieillissent mais aussi parce que les feuilles, au fur et à mesure qu’elles apparaissent, n’ont pas la même digestibilité.

Après avoir vu comment pousse l’herbe sur une talle, voyons comment cela se passe sur un mètre carré ou sur une parcelle.

Vous avez ici une expression de la quantité d’herbe de 0 à 4 Tonnes par hectare pour 2 cycles de pâturage. Ici, on fait l’hypothèse que l’orsqu’on sort du pâturage, il reste une tonne de matière sèche. Pendant le premier cycle de pâturage, qu’est-ce-qui se passe ?

Il y a déjà une croissance, qui est matérialisée ici en vert, mais il y a une partie de ce qui était disponible au départ, une tonne ici, qui au bout de 3 semaines, dans le cas de figure choisi, passe pour partie en litière. Sur la tonne qu’on avait, on a matérialisé la moitié qui passe en litière, donc qu’on ne pourra pas récolter et il reste 500 kg, soit la moitié de la tonne présente au départ.

C’est-à-dire que si la hauteur de l’herbe, qui est matérialisée par le trait noir est constante d’un cycle d’utilisation à l’autre, le prélèvement qui correspond à la croissance nette, c’est tout ce qui a poussé, environ ici 3,5 T moins 0,5 T qui sont partis, soit 3 T.

D’où 3 composantes à considérer pour la conduite du pâturage :

- il y a d’une part la fertilisation azotée qui va déterminer la hauteur du compartiment vert. - d’autre part, la quantité prélevée varie selon la quantité qui reste après un pâturage (donc la hauteur du compartiment jaune). - il en serait de même pour la troisième composante de la conduite du pâturage, à savoir l’intervalle de temps qui s’écoule entre 2 utilisations successives. Plus le temps passe, plus la quantité qui passe en litière est élevée.

Qu’est-ce-qui se passe quand on a à faire à des conditions de pâturage différentes ?

Vous avez ici le cas d’école où on a fait varier l’azote :

-  en haut, on a des apports d’azote non limitants qui permettent donc une croissance potentielle, en bas des apports d’azote plus faibles.

Dans le premier cas, cela se traduit par une quantité d’herbe produite de 3 Tonnes par hectare (pour les 3 semaines) et, dans le cas suivant, on a fait l’hypothèse d’une production de 2 tonnes.

Le deuxième facteur de variation de la conduite, c’est la quantité d’herbe restante. On a envisagé 2 cas : une quantité d’herbe de 1 tonne qui correspondrait à une hauteur résiduelle de 5 à 10 cm ou bien une quantité de 2 tonnes qui correspond à une hauteur résiduelle comprise entre 10 et 15 centimètres. Donc vous avez, de cette manière, quatre combinaisons selon :

. le niveau d’apport d’azote, d’une part

. l’intensité d’utilisation de l’herbe au pâturage, d’autre part.

Donc l’herbe produite découle directement pour un climat donné de la quantité d’azote apportée.

Quelle est l’herbe disponible sur la parcelle ?

Dans le premier cas, l’herbe disponible sur la parcelle, c’est les 3 tonnes qui ont poussé, plus la tonne de départ, mais on en perd la moitié, soit 500 kg, donc c’est : 3 + 1 - 0,5 soit 3,5 tonnes.

Dans le second cas, c’est 3 plus la moitié de deux tonnes, soit 4 tonnes.

Dans le troisième cas, c’est 2 tonnes (croissance moindre) plus la moitié d’1 tonne, soit 2,5 tonnes.

Dans le dernier cas, enfin, c’est 2 tonnes plus la moitié de 2 tonnes, soit 3 tonnes.

Première conclusion

Si on envisage une hauteur d’utilisation stable, par exemple s’il reste toujours une tonne après pâturage, dans le premier cas on a consommé 2,5 T ; à l’opposé, s’il y avait 3 T de disponible et qu’il en reste 2 à la fin, on n’a consommé que 1 tonne. Donc, il apparaît ainsi que le taux d’utilisation de l’herbe, qui est rapport entre l’herbe utilisée et l’herbe produite, décroît quand la hauteur d’herbe résiduelle après un pâturage augmente et décroît quand l’apport d’azote diminue.

Deuxième conclusion

Dans le premier cas, on supposait le climat stable, ce qui n’est jamais le cas, c’est un cas d’école théorique. On est souvent, plutôt, dans des situations climatiques aléatoires, variables d’un jour à l’autre, avec quand même des tendances saisonnières lourdes. C’est-à-dire qu’au printemps, il y a généralement une augmentation des températures qui se traduit par le fait que les nouvelles feuilles qui apparaissent sont plus longues que les anciennes. Il y a donc augmentation de la quantité d’herbe sur pied plus rapidement puisque les pertes dépendent, elles, de la quantité d’herbe résiduelle.

Ce qui explique que le solde, entre ce qui a été produit et ce qui a été perdu, devienne plus important.

A l’opposé, à l’automne, quand les températures diminuent, la vitesse d’allongement des feuilles devient de plus en plus faible. Il y a diminution de la quantité d’herbe sur pied et on peut avoir le cas suivant : pour une quantité d’herbe donnée à l’automne, par exemple 2 ou 3 tonnes, on a une quantité disponible qui diminue, sans aucune utilisation, dans la mesure où il n’y a plus de croissance mais où la sénescence continue.

Il y a donc un effet de saison.

Troisième conclusion, qui découle de ce que je vous avais dit précédemment :

La digestibilité de l’herbe offerte est d’autant plus élevée d’une part que le niveau de nutrition azotée est fort, et que l’herbe est maintenue rase. Si on prend le premier cas de figure, on a en moyenne 3,5 T à l’entrée au pâturage, 1 tonne à la sortie. Dans le deuxième cas, on a 4 T et 2 T à la sortie (en moyenne, sur une parcelle, on a plus d’herbe quand on laisse une quantité résiduelle plus élevée). Compte tenu de ce que j’ai dit précédemment, cela se traduit par une moindre digestibilité des feuilles produites.

Plus l’herbe est haute, plus faible est la digestibilité des nouvelles feuilles qui apparaissent.

Voilà pour les éléments qu’il fallait rappeler pour la pousse de l’herbe au pâturage.

C’est la résultante d’un flux de croissance et d’un flux de sénescence. Les flux de croissance étant pilotés par l’azote et le climat, et les flux de sénescence dépendants de la quantité d’herbe qui reste après un pâturage tournant. Cela correspondrait aussi à la hauteur d’herbe en pâturage continu, lorsque le troupeau reste en permanence sur la même parcelle.

Voyons quelles en sont les conséquences pour la conduite du pâturage ?

D’une manière schématique, on a identifié deux logiques de conduite du pâturage qui combinent de manières différentes le chargement qui est la biomasse récoltée ou prélevée par les animaux, que vous avez ici en ordonnée, et d’autre part, la production de biomasse, qui est en grande partie déterminée par le climat, naturellement, et par l’azote. Et vous avez d’ailleurs un formalisme assez voisin de ce qui a été présenté ce matin avec Gérard BALENT sur les prairies permanentes.

Nous avons tracé ici 2 droites. Naturellement, quand la quantité produite augmente, le chargement augmente. Mais ce qu’on peut faire apparaître, c’est que, pour une même production, on peut avoir un chargement différent, qui varie dans des proportions non négligeables, autrement dit un taux d’utilisation d ?herbe variable et on peut distinguer, de manière caricaturale une conduite "à flux tendu" où l’herbe produite est utilisée au fur et à mesure qu’elle est produite et, à ce moment-là, on dispose d’une herbe de qualité élevée, ou bien, à l’opposé, pour une certaine production d’herbe donnée, un chargement plus faible que l’on a qualifié de conduite "sécuritaire" avec les risques de dégradation de la végétation que l’on a indiqués ce matin.

Dans la conduite à flux tendu, le chargement est élevé, mais cette conduite, comme le signalait Nathalie AFFRAIX, tout à l’heure dans le cas de l’élevage laitier, nécessite de fréquents ajustements au cours de la saison, entre saisons, pour maintenir la quantité et la qualité d’herbe offerte malgré les fluctuations de croissance, et l’image-type de ce système c’est le pâturage continu intensif. On recommande pour des ovins de conduire le pâturage à 3 ou 4 cm de hauteur pour des brebis, et 7 ou 8 cm pour des vaches.

Régulièrement, il faut si c’est nécessaire faire varier la surface offerte pour conserver la même hauteur d’herbe.

Quant au pâturage à conduite sécuritaire, l’utilisation de l’herbe produite est partielle, soit du fait des intervalles entre deux utilisations qui sont longs, soit parce qu’une partie de l’herbe récoltée n’est pas utilisée. Par exemple, c’était le cas tout à l’heure du système lait où le pâturage des vaches laitières épointait l’herbe. Le couvert végétal et les génisses étaient chargées de nettoyer le reste.

Donc cela peut être fait par la barre de coupe ou par un autre troupeau. Le dernier élément que je voulais dire, c’est que le choix de conduite dépend entre autres des objectifs zootechniques. Si on fait du lait, on va devoir avoir une gestion du type flux tendu alors que si on fait de la viande on pourra tolérer une moindre qualité et donc avoir une conduite plus souple du moins à certaines périodes du cycle de production des animaux.

Il y a une contrepartie sur la charge de travail dans la mesure où, si on a une conduite plus souple, on ne sera pas obligé de changer les animaux en permanence de parcelle, on pourra alterner des périodes d ?utilisation intense avec des mouvements de troupeau et des périodes d’utilisation plus laxistes.

Une fois que l’on a décrit ces deux cas d’école, le problème c’est pratiquement comment faire. Jusqu’ici c’est de la théorie et donc avec le Groupe Fourrage Midi-Pyrénées, on a testé cette méthodologie dans le département de l’Aveyron, sur des systèmes allaitants qui seront présentés tout à l’heure et sur des systèmes laitiers qui sont présentés maintenant.

On a des données réelles d’élevage où on met en relation le chargement pendant la période de pâturage au pintemps (2 à 5 vaches) et le niveau de nutrition azotée de la prairie, qui est un indicateur de la croissance par hectare, comme je l’ai dit ce matin, à savoir que, quand on a un niveau de nutrition azotée de 100, tout apport supplémentaire n’est pas traduit par une plus grande disponibilité en herbe, et quand on a un indice de 60, cela veut dire qu’on est à 60 % du potentiel de production.

Donc, pour l’ensemble des élevages qui ont été suivis et qui sont matérialisés par des points noirs, ce qu’on constate, c’est qu’il y a une relation positive, croissante, entre la production d’herbe et le chargement. Mais, le fait le plus intéressant, c’est de voir que pour un même niveau de production, un même niveau de nutrition azotée, le chargement peut varier dans des proportions importantes.

Ici, quand on est à 85 % du potentiel de production, on a un élevage qui a près de 3 vaches/ha et puis on a des élevages qui sont à 4,5. Donc on a des différences de chargement qui sont de l’ordre de 50 %

Alors que le plus souvent, on a tendance à retenir une vision beaucoup plus simple entre le chargement et la production d’herbe, donc les apports d’azote.

Alors, compte tenu de tout ce qu’on a dit précédemment, on peut être plus précis pour la conduite du pâturage. Quand, pour un niveau de production donné, on a un chargement élevé, comme c’est le cas des élevages qui sont sur cette ligne, on est dans une gestion de flux tendu. Si on est dans une gestion de type "flux tendu", cela veut dire qu’il y a peu de quantité d’herbe qui reste après un pâturage. Les animaux sortent par exemple à 10 cm de hauteur d’herbe. C’est le cas qui a été décrit par Nathalie AFFRAIX. Donc s’il y a peu d’herbe résiduelle, cela veut dire qu’il y a peu de perte, que l’herbe est rase et donc que les nouvelles feuilles qui sont produites sont très digestibles. On peut faire du lait en quantité, comme on l’a vu, au pâturage. L’indicateur, en pâturage continu intensif, que le troupeau reste 3, 4, 5 ou 6 mois sur la parcelle, est une hauteur d’herbe sur la parcelle.

Quand on est en pâturage tournant, ce qui est le cas de la plupart des élevages français et principalement en Midi-Pyrénées du fait des structures d’exploitations, le troupeau tourne successivement sur un ensemble de parcelles et on ne peut pas se satisfaire de normes du type où le troupeau passe toutes les 3 semaines ou sort quand on est à 10 cm. Ces normes ne peuvent pas être respectées pour la bonne raison que le climat varie et donc la croissance de l’herbe varie. Il faut donc adapter le chargement, faire varier la surface, le nombre de vaches ou de brebis par hectare de façon à maintenir des temps de repousse courts, quand on est en pâturage tournant, ou bien des intervalles entre deux utilisations.

On a eu l’idée pour cela de mesurer la hauteur sur l’ensemble des parcelles affectées au pâturage, qu’elles soient en cours d’utilisation, qu’elles viennent d’être utilisées ou qu’elles soient utilisées prochainement. Quand on multiplie la surface de chaque parcelle par la hauteur de chaque parcelle et quand on le divise par le nombre de vaches ou le nombre de brebis, on a un volume par vache, un volume d’avance par vache.

Par exemple, sur cette ligne, on est à 200 m3 par vache. Sur cette autre on est à 600 m3 par vache. Cela ne vous parle peut-être pas, mais qu’est-ce-que ça veut dire. Compte tenu de ce que je vous ai expliqué sur la sénescence, cela veut dire qu’il y a plus d’herbe d’avance par vache. Cela représente des avantages et des inconvénients.

Les avantages, cela va être que s’il y a un refroidissement, une sècheresse qui commence à s’instaurer, on ne sera pas obligé de sortir le troupeau de la parcelle systématiquement. Alors que dans le cas de 200 m3 d’avance, si la croissance de l’herbe diminue, ce qu’il va falloir faire et bien c’est augmenter la surface, ou mettre de l’azote, ou diminuer le nombre de vaches. Il n’y a pas de stock d’avance, c’est pour cela qu’on l’a appelé "flux tendu", mais le point positif, c’est qu’on a une herbe qui est très digestible. Dans l’autre cas, à 600 m3 d’avance, on peut, sur des systèmes allaitants, configurer le système de telle façon que le troupeau ait suffisamment d’herbe même s’il y a une période de moindre croissance, donc cela allège considérablement le travail : il n’y a pas à changer le troupeau tous les jours. Mais l’inconvénient c’est que l’herbe disponible sera moins digestible que dans le cas précédent et, d’autre part, en cas de sous-chargement trop important, il y a à terme des risques de dégradation de la végétation, si cette conduite est répétée.

On va voir au travers d’exemples comment cette méthodologie a été utilisée avec des conseillers et des éleveurs. En particulier, on montrera comment on fait concrètement pour mesurer la hauteur d’herbe.